Sa raison d’être : un état des lieux effrayant
Des changements climatiques, il y en a déjà eu : l’ère quaternaire est jalonnée de glaciations et de périodes chaudes. Il y a vingt mille ans, le climat du Périgord ressemblait à celui de la Sibérie. Mais le phénomène actuel dépasse par son ampleur et sa rapidité tous les épisodes des 400 000 dernières années.
Malgré les incertitudes, toutes les prévisions des scientifiques vont dans le même sens : au cours du seul XXIe siècle, la température moyenne sur Terre pourrait augmenter de 1,1°C à 6,4°C. Lorsque l’on sait que 4 à 6°C de différence ont suffi pour passer d’un climat glaciaire au climat tempéré que nous connaissons aujourd’hui, le phénomène actuel est inquiétant. Surtout qu’une augmentation de 2°C nous amènerait à une température jamais atteinte depuis plus de cent mille ans.
Aujourd’hui, le réchauffement est enclenché et on craint un changement climatique cent fois plus rapide, avec des conséquences qui dépasseraient les facultés d’adaptation des hommes, des animaux et des végétaux.
L’élévation du niveau des mers en sera la manifestation la plus flagrante, provoquée principalement par la dilatation thermique de l’eau et par la fonte partielle des calottes de glaces polaires et des glaciers continentaux.
Selon la moyenne des estimations, le niveau moyen devrait augmenter de 18 à 59 centimètres d’ici 2100. Certains deltas, lagunes et régions littorales pourraient être submergés. Autre aspect du changement climatique, la modification du régime des précipitations, très variable selon les régions.
Quant aux manifestations climatiques extrêmes (inondations, tempêtes, vagues de chaleur, sécheresse) constatées en Europe et notamment en France au cours de ces cinquante dernières années, elles pourraient préfigurer ce qui risque de se passer avec une plus grande fréquence.
Une priorité : réduire dès maintenant la croissance des émissions de gaz à effet de serre pour modérer la hausse des températures et éviter que le réchauffement ne s’accélère ; plus le réchauffement sera rapide, plus ses conséquences seront difficiles à maîtriser.
En outre, du fait de la durée de vie des gaz à effet de serre dans l’atmosphère et de l’inertie thermique des océans, même si on arrêtait complètement les émissions de ces gaz, le réchauffement se poursuivrait encore pendant plusieurs dizaines d’années après qu ’ils aient été émis.
Aux 854 millions de personnes mal nourries s’ajoutent les 100 millions de personnes qui ont basculé dans la grande précarité en quelques mois. La mobilisation s’organise mais déjà les experts prédisent la fin de la nourriture bon marché.
D’où l’importance d’agir vite.


